18/09/2007
Réintégrer l’OTAN ?
Le Président Sarkozy a fait un discours remarqué lors de la 15ème Conférence des Ambassadeurs le 27 août dernier. Si ses propos sur l’Iran ont été largement commentés, ceux sur l’OTAN sont passées relativement inaperçus. Pourtant, à mots couverts, le Président Sarkozy a fait passer un message clair suggérant une possible rupture spectaculaire de la diplomatie française. La France semble envisager ni plus ni moins de réintégrer les commandements militaires de l’OTAN. Nicolas Sarkozy a en effet déclaré : « Je souhaite que dans les prochains mois, nous avancions de front vers le renforcement de l’Europe de la Défense et vers la rénovation de l’OTAN et de sa relation avec la France ».
Hervé Morin, le ministre de la Défense a également déclaré, lors de l’Université d’été de la Défense, qu’il fallait arrêter de « chipoter et de barguigner » sur la relation entre la France et l’OTAN. Il a appelé à une « réflexion sur notre engagement au sein de l’Organisation en pesant le pour et le contre ». Bref, si les mots ont un sens, qu’a t-on à gagner et qu’à t-on à perdre dans une réintégration ?
Rénover la relation de la France et de l’OTAN est en fait une formulation codée qui en termes clairs signifie mettre fin au statut particulier de la France au sein de l’OTAN. Celui-ci est décrit par ceux qui veulent y mettre fin comme un archaïsme, une survivance du passé, contraire à tout pragmatisme et que seuls des freins idéologiques empêchent de surpasser. D’autres estiment au contraire qu’une telle solution n’a de moderne que le nom, et qu’au nom de la rénovation on joue « retour vers le futur » en voulant revenir à la situation qui prévalait avant 1966. Mais poser le problème en termes de respect ou non de l’héritage du Général de Gaulle n’a pas de sens. Nous ne sommes plus en 1966 et nul ne peut savoir ce que jugerait bon de faire le créateur de la Vème République dans sa relation avec l’OTAN aujourd’hui. La seule question qui se pose est de savoir si la France a à gagner ou non en procédant à cette réintégration, et si cela peut contribuer à un renforcement, non seulement de la défense occidentale, mais de la sécurité collective.
Techniquement - contrairement à ce que disent les partisans de la réintégration -, cette solution n’est pas indispensable. La France, du Kosovo à l’Afghanistan, coopère très bien avec l’OTAN bien que ce soit sur la base d’accords particuliers. Le véritable argument est politique. Il s’agit d’envoyer un signal de solidarité accrue, de « normalisation » de relations avec les Etats-Unis. Qu’a-t-on à y gagner ? Qu’a-t-on à y perdre ?
Cette réintégration serait bien sûr saluée par les milieux atlantistes en France. Contrairement à une idée reçue, ils existent aussi bien au ministère de la Défense que dans certains cercles du Quai d’Orsay. Ils sont puissants chez les élites françaises dans les médias mais par contre très minoritaires dans l’opinion publique. Les Etats-Unis et certaines capitales européennes manifesteraient leur satisfaction et encenseraient Paris. Les capitales européennes se réjouiraient publiquement – comment faire autrement ? -. Mais elles seraient en fait partagées.
Ailleurs dans le monde, cela serait perçu comme la fin d’une spécificité française, et donc le signe d’un affaiblissement. La conclusion serait que la France n’a plus les moyens d’affirmer une autonomie à l’égard des Etats-Unis. N’y a t-il pas un risque élevé - au moment où les tentations de transformer l’OTAN en alliance globale contre le terrorisme et de la faire percevoir comme l’armée des Occidentaux contre les Musulmans - de donner le sentiment qu’on s’inscrit dans cette perspective rampante de guerre de civilisation ? Cela serait contraire à la priorité stratégique affichée de Nicolas Sarkozy d’éviter justement cette confrontation.
Peut-on rappeler qu’en décembre 1995, Jacques Chirac avait lui-même lancé un signal identique. Lui aussi, à mots couverts, avait proposé clairement un marché aux Américains. La France pouvait réintégrer l’OTAN en échange de son européanisation. L’européanisation était vue comme devant se traduire par l’attribution du commandement sud à la France. L’affaire ne s’était pas faite sous le double impact du refus américain de mettre en œuvre l’européanisation de l’OTAN, puis de l’alternance politique de 1997 avec l’arrivée des socialistes au gouvernement : ironie de l’histoire, les héritiers de François Mitterrand, qui avaient en 1966 critiqué la rupture avec l’OTAN, s’opposaient à front renversé avec l’héritier du Général de Gaulle. Mais peut-être que cette proposition de Chirac aura permis de rassurer les Britanniques qui craignent toujours que l’objectif de la France soit d’affaiblir l’Alliance atlantique. La proposition de Chirac, même inaboutie, a sans doute contribué, en échange, à permettre à Londres de bouger en direction de la défense européenne et de se lancer dans le processus de Saint-Malo.
Il y a ainsi deux façons d’être favorable à la réintégration dans l’OTAN. Une vision atlantiste et une vision européenne. La première est classique avec l’argument nouveau de la lutte contre le terrorisme, qui aurait succédé à la menace globale au communisme. Mais cela pourrait aussi être une façon de débloquer le dossier de la PESD, car Nicolas Sarkozy a également manifesté son envie de voir ce dossier progresser.
On peut également faire un autre rappel historique, lui aussi significatif. Après la chute du Mur de Berlin, le débat sur la relation France/OTAN avait été relancé. Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing (qui étaient les deux principaux leaders de l’opposition) plaidaient pour une plus grande implication de la France dans l’OTAN. Messieurs Fillon et Seguin, quant à eux, publiaient une plate-forme et estimaient qu’il serait paradoxal que la France choisisse précisément le moment où la division de l’Europe touche à sa fin pour rejoindre une organisation militaire intégrée qu’elle a quitté pour échapper aux contraintes d’un protectionnisme abusif . Mais l’année suivante, François Fillon, qu’on peut difficilement considéré comme atlantiste, reconnaissant que « l’OTAN se portait bien alors que la communauté des douze faisait du surplace », et estimant que « la rénovation de l’OTAN rendait illusoire le projet européen d’une défense autonome », il proposait, afin de faire une défense avec les Européens « de les débusquer là où ils sont : c’est à dire à l’OTAN ». Il proposait, à condition que les principaux commandements - y compris celui de Sageur -, soient européanisés, que la France participe de façon pleine et entière à l’OTAN .
Dans son rapport qu’il vient de remettre au Président de la République, Hubert Védrine met en garde contre la perte d’influence que pourrait représenter pour la France la perception d’une perte d’autonomie à l’égard des Etats-Unis et d’un ralliement aveugle à l’OTAN. La réintégration peut être une option, écrit-il, à condition qu’elle s’accompagne de la reconnaissance de l’autonomie du pilier européen, de la réhabilitation de débat stratégique entre alliés (et non entre vassaux), et d’une clarification de son aire géographique, de son rôle et de ses missions.
La question de la réintégration ne doit, en conclusion, pas être tabou. Elle ne doit pas non plus se faire sans réel débat au nom de la seule solidarité occidentale (contre qui ? selon quelle stratégie ?, etc.), et surtout sans garantie sur ce que la France peut en tirer, car il est loin d’être certain que les gains soient supérieurs aux pertes. Mais, au vu des déclarations du Président et du ministre, il semble bien que la décision soit déjà prise.
Pascal Boniface / IRIS / 11 septembre 2007
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17/09/2007
Les pressions croissantes pour un référendum sur l'Europe embarrassent Gordon Brown
LE MONDE 12/09/2007
L'Irak n'est pas le seul domaine où l'héritage de Tony Blair pèse sur son successeur, Gordon Brown. L'Europe en est un autre, et plus particulièrement, la promesse faite par l'ancien premier ministre britannique de soumettre au peuple le texte qui permettrait un meilleur fonctionnement de l'Union élargie.
Le rejet du projet de Constitution par les Néerlandais et les Français en 2005 avait délivré M. Blair de cet engagement. Mais sa promesse n'a pas été oubliée, notamment par tous les adversaires du nouveau traité simplifié qui doit être signé d'ici à la fin décembre, et au-delà, par tous les eurosceptiques du royaume.
La pression monte en faveur d'une consultation populaire. Elle reflète les voeux de l'opinion, qui, selon les sondages, la souhaite à 80 %. Intitulée "Je veux un référendum", une campagne publicitaire demande aux hommes politiques "de tenir leurs promesses". Elle a le soutien de plusieurs groupes de réflexion, de syndicalistes et de la presse conservatrice : le Daily Telegraph, par exemple, a lancé sa propre pétition.
Chose nouvelle, le mouvement recrute dans les trois grands partis. L'un de ses animateurs travaillistes, Ian Davidson, affirme que 120 députés du Labour sont de son avis, chiffre sans doute largement exagéré.
Il n'empêche : la campagne prend de l'ampleur et embarrasse Gordon Brown. Sa ligne de défense est intangible. Il est inutile, affirme-t-il, d'organiser un référendum sur un texte délesté des symboles qui en faisaient une Constitution - le préambule, les références au drapeau et à l'hymne européens - et dont l'élément le plus contesté ici - la charte des droits fondamentaux - a été relégué en annexe.
SOUMIS AU PARLEMENT
N'étant plus une Constitution, le traité simplifié doit être, assure M. Brown, approuvé par le Parlement, selon la meilleure tradition britannique, et comme le furent naguère, sous des gouvernements conservateurs, l'Acte unique européen ou le traité de Maastricht. Le recours au référendum ne serait légitime, concède M. Brown, que si les partenaires de Londres remettaient en cause, lors de la négociation finale, les garanties protectrices de la souveraineté britannique - les fameuses "lignes rouges" - obtenues par M. Blair en juin.
Tout cela n'est que sophisme, répondent les partisans du référendum, et le nouveau texte n'est qu'un avatar de l'ancien. Cette affaire, commentait avec humour un éditorialiste, rappelle le célèbre tableau d'une pipe peinte par Magritte et intitulé Ceci n'est pas une pipe. De même veut-on nous faire croire, ajoutait-il, que "ceci n'est pas une Constitution".
Certaines personnalités européennes, favorables au traité - comme la chancelière Angela Merkel ou Valéry Giscard d'Estaing - ne rendent, il est vrai, guère service à Gordon Brown, lorsqu'elles se réjouissent d'avoir "sauvé" quasi intégralement le texte de la Constitution.
La majorité des partisans du référendum sont des eurosceptiques qui le jugent ingagnable. Une minorité de proeuropéens le demandent au nom de la démocratie et de la crédibilité de la classe politique. Pour l'instant, M. Brown n'a pas l'intention de céder à une pression qui n'a rien d'irrésistible. Il n'a aucune envie de ruiner ses chances de gagner les prochaines élections en organisant un référendum à très haut risque.
Jean-Pierre Langellier
M. Brown affronte les syndicats sur sa politique salariale
L'ambiance était glaciale à Brighton lors du premier discours que Gordon Brown a prononcé, en tant que chef du gouvernement, devant le congrès de la fédération des syndicats (TUC), qui s'achevait mercredi 12 septembre. La raison de cette fâcherie tient à la politique salariale dans le secteur public. M. Brown prévoit une inflation annuelle de 2 % et veut indexer sur ce taux la hausse des salaires des fonctionnaires. Il en fait une question de principe : la modération salariale qu'il prône évite, selon lui, de nourrir l'inflation, entretient la croissance et engendre des emplois. Il refuse de rouvrir les négociations. Les syndicats, qui reprochent à M. Brown de pénaliser les salariés modestes tout en s'abstenant de frapper fiscalement la City, ont réagi aussitôt. Plusieurs envisagent des grèves dans les prochains mois. Tout cela ne déplaît pas forcément à un premier ministre qui, en quête d'électeurs modérés, veut s'élever au-dessus des intérêts "tribaux", notamment ceux liant les syndicats au Parti travailliste. - (Corresp.)
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09/09/2007
La Commission européenne menace la France sur les prix régulés de l'électricité
Une nouvelle dont on n'a pas beaucoup parlé en son temps. Incisif vous la repropose
LE MONDE | 31.05.07 | 06h25
Dans les prochaines semaines, la Commission européenne pourrait ouvrir un nouveau front contre les tarifs réglementés français de l'électricité. Les services de Neelie Kroes, la commissaire en charge de la concurrence, souhaitent lancer une procédure pour examiner dans quelle mesure le plafonnement des tarifs par les pouvoirs publics constitue, ou pas, une aide d'Etat à l'avantage des entreprises qui en bénéficient.
Mais Mme Kroes semble encore hésiter à saisir ses collègues pour obtenir leur soutien face à la France sur un dossier sensible, au moment où Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso essaient de détendre les relations entre Paris et Bruxelles.
La direction générale de la concurrence a pris discrètement contact à la fin de l'année dernière avec Paris afin d'obtenir des informations au sujet d'un dispositif défendu bec et ongle en France. Elle s'intéresse aux moyennes et grandes entreprises bénéficiant des tarifs réglementés, mais aussi à celles qui vont opter d'ici au 1er juillet pour le tarif de retour, adopté l'an dernier afin d'amortir la hausse des prix sur le marché libre.
Après ces échanges préliminaires, les services de Mme Kroes lui ont proposé d'élargir leurs investigations, comme cela a déjà été le cas en début d'année à propos des tarifs réglementés en vigueur en Espagne. A l'époque, la commission avait affirmé vouloir examiner si les prix fixés en 2005 par Madrid comportait "l'octroi d'une aide d'État aux grandes et moyennes entreprises grosses consommatrices d'énergie, ainsi qu'aux fournisseurs traditionnels d'électricité"..
Dans l'affirmative, il s'agira ensuite de déterminer "si cette aide pourrait entraîner des distorsions disproportionnées des échanges et de la concurrence dans le marché unique de l'Union européenne".
En décembre 2006, le commissaire en charge de l'énergie, Andris Piebalgs, avait déjà envoyé un "avis motivé" à Paris contre une législation française jugée incompatible avec les directives libéralisant le secteur de l'énergie : les tarifs réglementés ne sont tolérés que dans deux cas, afin de protéger les clients les plus vulnérables et pour des motifs de service public.
Les Français ont tenté depuis de justifier leur démarche, mais faute de compromis dans les prochains mois, la Commission menace de saisir la cour de justice européenne. De manière générale, les gardiens de la concurrence avaient observé, à l'issue d'une récente enquête transversale, que " si les prix réglementés sont trop bas, les nouveaux entrants sont exclus du marché ".
Dans l'hypothèse d'une nouvelle procédure, la commission disposera d'un délai de deux mois afin de se forger une opinion définitive. Ce calendrier pourrait cependant être allongé, car, au delà de ses implications politiques, l'enquête formelle de la commission devrait être très complexe.
"Il sera difficile de prétendre que les tarifs régulés sont des aides d'Etat, car cette notion implique la présence de ressources publiques; or il ne s'agit que de prix avantageux, pas de subventions à proprement parler ", dit un expert des questions de concurrence.
Philippe Ricard, à Bruxelles
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02/09/2007
Irak: Bernard Kouchner contraint de s'excuser après un faux-pas avec Maliki
L e chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a dû s'excuser lundi pour avoir demandé la démission du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, un faux pas gênant après son déplacement à Bagdad censé marquer une nouvelle approche de Paris en Irak.
Par ailleurs, les dirigeants chiites, sunnites et kurdes d'Irak se sont engagés à relancer le processus de réconciliation nationale en acceptant de résoudre les problèmes clé qui les opposaient.
Les dirigeants ont accepté de réduire les restrictions concernant les anciens membres du parti Baas de l'ancien dictateur Saddam Hussein, d'organiser des élections régionales --une demande de Washington-- et d'aider les forces de sécurité à mettre fin à la violence.
Sur la radio française RTL, M. Kouchner a présenté ses excuses: "Si le Premier ministre (irakien) veut que je m'excuse pour avoir interféré dans les affaires irakiennes de façon aussi directe je le fais volontiers". Le ministre s'est également dit "désolé".
M. al-Maliki avait réclamé dimanche des excuses de la France, et également dénoncé la sénatrice américaine Hillary Clinton ainsi qu'un autre sénateur américain, Carl Levin, qui ont aussi réclamé son départ.
Dans des propos peu habituels de la part d'un responsable français, M. Kouchner, l'ancien "French doctor" réputé pour son franc-parler, avait estimé que "beaucoup de gens pensent que le Premier ministre devrait être changé".
"Je viens d'avoir (la secrétaire d'Etat américaine) Condoleezza (Rice) au téléphone il y a dix ou quinze minutes et je lui ai dit: +écoutez, il doit être remplacé+", a dit M. Kouchner à l'hebdomadaire américain Newsweek.
M. Kouchner évoquait même pour la succession Adel Abdel Mahdi, un des vice-présidents irakiens, qui a fait ses études en France.
"J'aurais dû dire, encore une fois et je le répète, qu'il s'agissait des propos qui étaient tenus par mes interlocuteurs que j'étais justement venu entendre", a tenté de se justifier M. Kouchner sur la radio française RTL.
"Si ça a été mal interprété, j'en suis désolé", a poursuivi M. Kouchner. "Mais encore une fois ça ne change rien aux faits. Je ne suis pas le seul qui présente quelques critiques devant un foyer de tension et des exactions quotidiennes qui indignent le monde", a-t-il toutefois ajouté.
Des propos qui rejoignent implicitement les critiques de Washington, pour qui M. Maliki est incapable d'engager une réconciliation entre chiites, sunnites et Kurdes.
Les partis sunnites ont quitté le gouvernement, ainsi que les plus radicaux des chiites. Dix-sept ministres sur 40 ont démissionné ou boycottent les réunions du gouvernement.
Source AFP: 27/8/2007
Cette polémique, quelques jours après le déplacement surprise de M. Kouchner à Bagdad, risque de brouiller la volonté de Paris d'ouvrir une nouvelle étape dans ses relations avec l'Irak.
Cette visite était la première d'un membre du gouvernement français depuis l'invasion de ce pays par les forces américaines en 2003, à laquelle la France, sous la présidence de Jacques Chirac, s'était fermement opposée.
Paris veut désormais se mettre à l'écoute des différents protagonistes de la crise irakienne et tente de se poser en "médiateur", comme l'a proposé M. Kouchner, pour aider à "asseoir un gouvernement d'union nationale aux bases solides".
La France envisage désormais d'aider la police irakienne à faire face à la violence qui sévit dans ce pays, sans toutefois y envoyer de soldats. Paris souhaite aussi une plus grande implication de l'ONU et de l'Union européenne en Irak.
M. al-Maliki, un chiite, a vivement accusé la France de se ranger du côté des partisans de l'ex-dictateur Saddam Hussein.
Auparavant, le président Talabani avait rejeté l'idée évoquée à Paris d'une conférence inter-irakienne censée rapprocher les points de vue, sur le modèle d'une réunion inter-libanaise tenue en juillet près de Paris. M. Kouchner a toutefois démenti avoir formellement présenté ce projet.
Le voyage à Bagdad de M. Kouchner, venu des rangs du parti socialiste, avait été salué comme un "boulot remarquable" par le président Nicolas Sarkozy.
Le parti socialiste a lui accusé M. Kouchner "d'amateurisme le plus complet" pour ses déclarations à Newsweek, et certaines figures de l'opposition ont dénoncé dans le voyage du chef de la diplomatie française à Bagdad un alignement de Paris sur les Etats-Unis.
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25/08/2007
Qu’allons-nous faire dans cette galère ?
Un article fort intéressant publié chez Voxnr.
Pro Kurdes, le bon docteur Kouchner avait en 2002 et en 2003 appelé de ses vœux la guerre unilatérale de l’Amérique de M. Bush contre un Irak désarmé et exsangue, meurtri par douze années d’embargo. IL y a quelque mois encore, il préconisait de la même façon, avec son complice Bernard-Henri Lévi, le recours à la force pour régler la crise du Darfour. C’est ce pompier pyromane que l’Élysée dépêche aujourd’hui à Bagdad pour impliquer la France dans un conflit où elle n’a que faire. Sauf à complaire aux desiderata de la Maison-Blanche !
Nous allons prendre le relais ! Le lundi 21 août la presse française fort peu critique et par conséquence très peu lucide (elle exprime des opinions, mais lesquelles ?) est unanime pour annoncer que super-Kouchner, ministre d’un hyperprésident, en bon docteur Diafoirus au chevet de toutes les crises (Liban, Darfour, Irak maintenant) « est là [à Bagdad] pour aider les Américains à sortir du bourbier irakien… Le retour de la France en Irak est donc une nouvelle manifestation du volontarisme dont M. Sarkozy a fait la clé de son action. Le pari, en Irak, est encore plus audacieux qu'ailleurs. Mais il vaut d'être tenté (Le Monde)». Reste qu’ « Aux yeux des responsables irakiens, comme sans doute des autorités américaines et britanniques, la venue de Bernard Kouchner sonne comme une offre de services, un signal de disponibilité. À saisir » (Lacroix).
Seule fausse note, Jean-Pierre Chevènement qualifiant cette visite surprise de « voyage à Canossa ». Car en plaidant pour le renforcement du rôle de l’Onu et son retour en Irak après la mort de Sergio de Mello*, M. Kouchner entre de plein pied dans le jeu américain qui vise à se défausser sur l’Onu et ses alliés du fardeau irakien. Une façon de faire rentrer par la grande porte les ex-membres de la coalition qui s’étaient défilés les uns après les autres, Espagnols, Danois, Italiens, Polonais, Japonais… sans oublier les Canadiens qui, eux, ne sont jamais allés en Irak s’étant désolidarisés dès l’origine de cette aventure sordide. Un fait singulièrement oublié par une presse serve, particulièrement pour ce qui est des dossiers proche-orientaux. Une presse qui trouve du « panache… à cette mission impossible » laquelle confère une « vraie visibilité » - faut-il entendre par là qu’auparavant le transfuge socialiste n’était pas vraiment pris au sérieux ? - à un « M. Kouchner, défenseur de la cause kurde, un des rares politiques français à avoir souhaité le renversement de Saddam Hussein » (Le Midi Libre ). Il est aussi vrai que l’on ne saurait manquer d’établir une relation de cause à effet entre le pique-nique hamburgers/hotdogs à Wolfeboro (New Hampshire) et le voyage cheveu sur la soupe du dit ministre envoyé au charbon. Demeure une seule question : qu’allons-nous faire dans cette galère ?
En vérité, nous le savons bien ! Nous allons ramasser les plâtres et perdre ce qui nous restait du crédit patiemment acquis depuis un certain 3 juin 1967 et l’embargo sur les armes à destination du Levant décrété par De Gaulle. Un acte de courage politique annoncé dans son principe par le discours de Phnom Pen le 1er septembre 1966 et dont le dernier écho s’entendra dans l’intervention historique de Dominique de Villepin au Conseil de Sécurité le 14 février 2003 ! Maintenant, la France rentre dans le rang en redevenant le satellite qu’elle n’aurait jamais du cesser d’être.
Mercredi, 22 Août 2007
Jean-Michel Vernochet
* Le brésilien Sergio Vieira de Mello trouve la mort dans l’attentat perpétré le 19 août 2003 contre l’Hôtel Canal qui abritait le QG des NU en Irak. Il faut attendre le 10 août 2007 pour que le Conseil de Sécurit décide, sous la discrète pression de la Maison-Blanche, d’un renforcement de son rôle en Irak par le truchement de sa Mission d'Assistance (MANUI). Autant dire que Washington tente de se défausser de son jeu pourri et d’internationaliser la « gestion » de la crise irakienne afin de se ménager sa propre porte de sortie.
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