13/06/2007
L'indépendance!
Au sujet du communautarisme, voilà ce qu'écrit Bernard Lhôte:
"Pour un ministère de l’Elite et de l’Identité nationale
L’immigration n’est pas cause de l’effacement de l’identité nationale. Les difficultés d’intégration ne sont qu’une des conséquences de cet effacement, essentiellement dû à un sabotage systématique de ce qui fonde et singularise cette identité.
Quel est ce principe fondateur de la France ? Qu’est-ce qui rend extraordinaire son Histoire ?
L’Indépendance !
On ne le répètera jamais assez :
France et Indépendance non seulement riment Mais sont synonymes !
Réduire celle-ci revient à amoindrir celle-là.
On ne le répètera jamais assez :
L’indépendance est à la France ce que la neutralité est à la Suisse. La papauté au catholicisme, la Bible au peuple juif, son écriture à la Chine…
Il faut n’avoir aucune intelligence de l’histoire de notre pays pour ne pas comprendre que la crise identitaire dont nous souffrons était inéluctable dès lors que d’indivisible sa souveraineté tombait en indivision.
Or, qu’on sache, ce ne sont pas les immigrés les responsables de la politique du Tout-Europe, du tout et par l’Europe. Ce sont les « élites » politiques, financières, intellectuelles, religieuses, plus ou moins à l’encontre des Français.
Depuis un demi-siècle, ces « élites » ont mené un travail de sape du patriotisme sous prétexte d’antinationalisme, un travail d’enlaidissement de l’image de la France, de dévaluation de sa réputation. Elles se sont acharnées à nous dégoûter de notre pays et de nous-mêmes.
C’est qu’un peuple français ayant confiance en la France, fière de son Histoire, et convaincu de ses chances d’avenir, ne se serait pas résigné à sa dilution dans le magma européen.
Afin de rapetisser la nation, afin de ternir son prestige, il a fallu déformer la mémoire de son Histoire, en ne l’enseignant carrément plus, et en la salissant par des repentances injustifiées et, de plus, anti-démocratiques.
Les immigrés ne sont pour rien dans cette opération de disqualification qui porte atteinte au charisme de la France, à ses pouvoirs d’attraction, de communion, d’intégration.
Sont responsables, et coupables, les élites, de gauche comme de droite !
Depuis longtemps les « zinzintellectuels » de gauche ont renoncé au culte républicain de la nation au profit d’un universalisme béat qui leur fit embrasser majoritairement l’internationale communiste, ou minoritairement l’internationale fasciste ; puis massivement, à la suite de la déconfiture de ces grands bazars idéologiques, ils se sont repliés sur l’européisme, avatar, avorton des internationalismes défaits.
« Tout plutôt que la France » est la devise de ces collabos obsédés de préférences étrangères.
Quant aux élites de droite, parlons-en ! Il y a belle lurette qu’elles troquèrent le patriotisme, valeur prêtée à leur camp, contre les valeurs boursières. Acharnées à dénationaliser les entreprises publiques pour se les adjuger, elles se sont dénationalisées elles-mêmes. Elles ne croient plus en la France. Imbues de leur importance, elles la trouvent trop petite, indigne de leurs immenses talents. Les agitations récentes du drapeau tricolore ne sauraient leurrer. Ultra-européistes et /ou atlantistes, financièrement émigrés, le portefeuille en Suisse et le cœur à Bruxelles, elles travaillent sciemment et visiblement à la mise à la retraite de notre pays dans cette résidence du troisième âge pour vieux peuples fatigués de leur Histoire, qu’est l’U.E.
Leur prosélytisme en faveur de l’usage généralisé du parler anglo-américain, dans les instances européennes comme dans leurs propres entreprises, est symptomatique de leur répudiation de la France, et ne les qualifie absolument pas pour donner des leçons de français aux immigrés.
En conclusion ?
Il s’agit beaucoup moins d’intégrer des étrangers que de réintégrer des indigènes en rupture de ban national.
Un ministère de « l’Elite et de l’Identité française » serait plus pertinent que celui de l’Immigration, un trompe-l’œil destiné à offrir en pâture des boucs émissaires aux français déshérités de la dignité de l’être.
Au moins ce déplorable truc, a-t-il le mérite de reconnaître l’existence d’un trouble identitaire. Pour l’une des plus anciennes nations du monde, et l’une des plus glorieuses, c’est un comble !
Bernard Lhôte"
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08/06/2007
"Pas d'émancipation sociale sans souveraineté".
Un article intéressant de georges Séguy, paru dans l'Humanité.
l’Humanité des débats
"Pas de souveraineté sans émancipation sociale"
Par Georges Séguy, syndicaliste, résistant, président d’honneur de l’Institut CGT d’histoire sociale.
Les conquêtes du programme national de la Résistance sont-elles dépassées ?
Demain 27 mai 2007, il y aura soixante-quatre ans, sous la présidence de Jean Moulin, les représentants des différentes organisations de la résistance intérieure réunis clandestinement créaient le Conseil national de la Résistance. Un mois plus tôt, la réunification de la CGT avait fortement impulsé l’élan unitaire de la lutte de libération nationale et contribué à rallier les derniers réticents à ce rassemblement patriotique.
La date du 27 mai 1943 ne fut pas fortuite, elle intervint 48 heures avant une rencontre à Alger où devait se rendre le général de Gaulle pour débattre avec les alliés anglo-américains des conditions dans lesquelles serait administrée la France après la Libération. Il est bien connu que Roosevelt et Churchill avaient en vue une administration sous leur autorité dont le fondé de pouvoir aurait été le général Giraud, ami de Pétain.
Pour faire échec à ce projet dégradant pour la France et faire valoir son autorité nationale, de Gaulle avait impérativement besoin de se présenter à cette négociation comme le seul authentique représentant des forces de la Résistance extérieure et intérieure ; la décision unanime des membres du CNR de le considérer comme tel ne permit pas aux alliés anglo-américains d’aller jusqu’au bout de leurs intentions. Voilà pourquoi la France ne fut pas traitée comme un pays vaincu mais comme l’une des quatre nations victorieuses de l’Allemagne nazie.
Mais là ne s’arrêtent pas les mérites historiques du CNR ; aussitôt après sa constitution, il organise le rassemblement de toutes les forces de la Résistance jusqu’alors dispersées, il unifie au sein des FFI, les FTPF, l’Armée secrète et autres formations militaires, ce qui leur donne une efficacité d’intervention reconnue et appréciée par les principaux chefs des forces alliées notamment dans la libération de Paris et d’autres régions de France après le débarquement. Le CNR a eu enfin et surtout le mérite d’avoir construit le projet de société qui conviendrait le mieux à la France au lendemain de la Libération. Cette élaboration longuement et largement débattue entre tous ses membres (*) s’est traduite dix mois plus tard, le 15 mars 1944, par la publication du Programme du Conseil national de la Résistance. Un programme riche en perspectives démocratiques et sociales telles que la création d’un système de protection garantissant un droit égal à la santé pour tous, un régime de retraite équitable et solidaire, le respect de la liberté et de l’indépendance syndicale et de nombreuses réformes économiques et sociales au travers de nationalisations extensives des services publics. Au cours du débat, le 3 novembre 1943, Charles de Gaulle a jugé utile de déclarer :
« La France est résolue à de profondes transformations, elle veut faire en sorte que demain, la souveraineté nationale puisse s’exercer entièrement sans les pressions corruptrices d’aucune coalition d’intérêt privé. »
C’est de cette union dans la lutte associant la libération nationale, la démocratie et le progrès social qu’est né au lendemain de la Libération « le modèle social français » dont plusieurs pays d’Europe se sont inspirés par la suite. Selon les porte-parole du MEDEF et de la droite durant la campagne de la présidentielle, ce modèle serait dépassé, les avancées sociales d’hier seraient aujourd’hui financièrement insupportables. L’histoire réfute ce genre d’arguties : comment, en effet, pourrait-on admettre que la France de 1945 affaiblie par de lourdes destructions, appauvrie par le pillage systématique de l’occupant, meurtrie par les quatre années noires du régime de Vichy, aurait pu réussir ces importantes avancées sociales, alors que la France de 2007 réputée l’un des pays le plus riche du monde serait dans l’incapacité financière de respecter les conquêtes sociales issues de la Résistance, telles qu’elles furent élaborées par le CNR. Que certains aménagements ou adaptations se justifient, c’est incontestable, mais pas dans le sens d’une régression sociale générale à laquelle aucun syndicaliste digne de ce nom ne saurait souscrire.
Puis-je suggérer à M. Sarkozy qu’à la suite de la lecture de la lettre de Guy - Môquet les lycéens apprennent les vérités de ce rappel de notre histoire nationale ne figurant dans aucun manuel scolaire ? Ce serait un bon moyen d’enrichir la mémoire collective de notre jeunesse et une excellente façon de célébrer le soixante-quatrième anniversaire du CNR.
(*) À noter que si les représentants des organisations syndicales étaient présents, ceux de la Confédération du patronat français (le MEDEF de l’époque) ne furent pas invités à ces délibérations pour cause de collaboration outrancière avec l’occupant nazi.
Article paru dans l'édition du 26 mai 2007.
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07/06/2007
Le traité simplifié ou le retour de l'européisme
M. Sarkozy ne paraît avoir rien de plus pressé que de faire adopter son « traité simplifié », succédané de Constitution européenne, par le sommet européen des 20 et 21 juin prochains.
Cette fébrilité qui le fait rencontrer successivement et précipitamment les principaux chefs de gouvernement européens interpelle : ce traité institutionnel qui devrait être ratifié par la voie parlementaire (et non par referendum comme l'aurait voulu la règle du parallélisme des formes et comme l'avait d'ailleurs proposé Ségolène Royal) vise paraît-il, à remédier à la « panne » de l'Europe. Mais cette « panne » n'existe que dans la pensée unique qui domine l'esprit de nos dirigeants. Ceux-ci éprouvent un fort sentiment de culpabilité, après le « non » retentissant par lequel le peuple français, le 29 Mai 2005, a rejeté le projet de constitution européenne. Le « traité simplifié » de M. Sarkozy est un rite de purification ou plutôt d'expiation. Il ne répond en aucune manière à la nécessité de redresser la construction européenne. M. Sarkozy, pendant sa campagne, avait lui-même fustigé l'euro fort et l'absence de préférence communautaire qui nous affaiblissent dans la mondialisation.
En quoi le « trait simplifié » permet-il de remédier à ces handicaps ? En rien ! Au contraire nous accepterions, par la voie de ce traité, des dispositions hautement contestables :
-La création d'un ministre européen des affaires étrangères qui dans le rapport de forces interne de l'Union à 27 nous mettrait systématiquement en minorité c'est-à-dire à la remorque de la diplomatie américaine.
-L'extension du vote à la majorité qualifiée à des sujets ultrasensibles comme la politique de l'immigration sonnerait le glas de notre indépendance en la matière.
-Enfin la pondération démographique des votes du Conseil romprait la traditionnelle égalité de la France et de l'Allemagne dans les institutions européennes. Cette parité qu'avaient voulue les « pères fondateurs » pour des raisons d'équilibre politique, serait évidemment rompue au bénéfice de l'Allemagne (82 millions d'habitants). Cette modification figurait dans le projet de Constitution rejeté en 2005. Elle peut, certes, se discuter. Mais il est frappant de voir que M. Sarkozy la réintroduit sans aucune contrepartie : il aurait pu par exemple négocier un complément aux statuts de la Banque Centrale européenne : que celle- ci soit chargée de soutenir la croissance et l'emploi et pas seulement de lutter contre une inflation aujourd'hui jugulée. La concession -énorme- faite par M. Sarkozy aurait pu être mise dans le paquet d'une négociation franco-allemande particulièrement difficile (problèmes industriels sur EADS et Galileo, positions de négociation à l'OMC sur les droits de douane agricoles etc..).
Rien de tout cela ! M. Sarkozy commence son quinquennat sous les auspices de l'idéologie « boniste », en « grand seigneur » qui jugerait de mauvais goût de défendre d'abord les intérêts de la France tels qu'ils les avaient lui-même reconnus (à moins que ce ne fût par la plume de M. Guaino !). Vieille tradition européiste de notre diplomatie qui va à rebours de nos intérêts… Comme M. Jouyet doit être content !
Samedi 02 Juin 2007
Jean-Pierre Chevènement
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06/06/2007
Entretien avec mr Sarkozy
Revue Politique Internationale - N°115 Printemps 2007
Entretien réalisé par la Rédaction de Politique Internationale avec Nicolas Sarkozy
Extrait (à propos du nouveau traité envisagé " traité simplifié ")
p. 145-146
Le projet constitutionnel contenait un certain nombre de mesures dont tout le monde, y compris dans le camp du " non ", a reconnu qu’elles permettraient à l’Union de fonctionner plus efficacement. Le " traité simplifié " reprendrait ces mesures qui ont fait consensus.
....Ce texte - appelons-le " constitution " ou " traité fondamental ", peu importe - devra aller au-delà des dispositions techniques contenues dans les traités actuels et sceller la dimension fondamentalement politique de la construction européenne...
Politique.Internationale : " Quel devrait être, selon vous, le contenu de ce " traité simplifié " ?
Nicolas. Sarkozy : " Le traité simplifié devrait reprendre un certain nombre de dispositions essentielles :
- l’extension de la majorité qualifiée et de la codécision, en particulier en matière judiciaire et pénale ; la règle de la double majorité ;
- le partage du pouvoir législatif entre le Parlement et le Conseil ainsi que l’élection du président de la Commission par le Parlement ;
- le respect du principe de subsidiarité...
la mise en place d’une présidence stable du Conseil européen. Aujourd’hui, cette question ne semble plus faire débat. Tout le monde reconnaît qu’une telle présidence favoriserait des actions de plus long terme, avec un plus grand suivi :
LA CRÉATION D’UN MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGERES DE L’U.E. QUI CUMULERAIT LES FONCTIONS ACTUELLES DE HAUT REPRÉTANT DE L’UNION POUR LA POLITIQUE ÉTRANGERE ET LA SÉCURITÉ COMMUNE, DE COMMISSAIRE EN CHARGE DES RELATIONS EXTÉRIEURES ET DE PRÉSIDENT DU CONSEIL DES AFFAIRES ÉTRANGERES ;-
ENFIN¸ LE FAIT DE DOTER L’UNION DE LA PERSONNALITÉ JURIDIQUE LUI PERMETTRA D’ADHÉRER ET DE SIÉGER EN TANT QU’ENSEMBLE POLITIQUE DANS UN CERTAIN NOMBRE D’ORGANISATIONS.
Deux autres séries de mesures ont fait l’objet d'un véritable consensus :...
Tout cela peut être inclus dans un traité simplifié, qui pourrait être négocié rapidement puisqu’il s’agirait de reprendre essentiellement les dispositions longuement travaillées au sein de la Convention européenne et de la CIG, et sans rouvrir les débats politiques sur lesquels UN COMPROMIS AVAIT ÉTÉ TROUVÉ..
(Caractères en gras à notre initiative…)>>> Ces caractère en gras n’étant pas reproduits dans les envois groupés ni certains FAI, je les ai transcrits en grandes capitales.
Il est évident que beaucoup de "nonistes", en fait ceux qui n’étaient pas arrêtés par le caractère "libéral" du projet de traité mais qui refusaient son caractère fédéral anéantissant de fait la nation française, ne pourraient pas accepter ce "traité simplifié." Mais les Français ne seront pas consultés... trop dangereux! .. on fera voter le Parlement.
Anne
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05/06/2007
Bisbille future entre la France et Allemagne?
Le Parlement européen s'élève contre le "traité simplifié" de Sarkozy
Alexandrine Bouilhet (à Bruxelles).
Les opposants au mini traité prôné par Nicolas Sarkozy pour sortir l'Europe de l'ornière ont donné de la voix dès hier, à Bruxelles. « Un mini traité, quelle que soit sa forme, n'est pas acceptable pour résoudre la crise constitutionnelle », a affirmé le président de la Commission des Affaires institutionnelles du parlement, l'eurodéputé Jo Leinen. Le parlementaire social-démocrate allemand critique le manque d'ambition de la proposition française, qui ne retient de la Constitution moribonde que certaines innovations institutionnelles. « Au lieu de rayer des politiques (traité minus), il serait plutôt nécessaire de faire des ajouts (traité plus) afin de prendre en compte les développements nouveaux », affirme le député, qui cite la protection du climat comme une politique nécessaire à ajouter au texte.
Son plaidoyer reflète le point de vue de la plupart des députés allemands et, selon lui, de la majorité du parlement européen. « Le compromis global auquel les 27 États membres ont donné leur accord, ne contient pas seulement un renforcement des institutions, mais également un renforcement des politiques », dit-il. Loin d'être la panacée rêvée par Nicolas Sarkozy à la crise européenne, la solution du « mini traité », devenu entre-temps un « traité simplifié », risque d'opposer Paris et Berlin dans la perspective du Conseil européen de juin. Ce sujet figure en tête de l'ordre du jour de la prochaine rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, à Berlin.
Cette information date du 8 de ce mois, mais allez savoir pourquoi, elle n'a été guère relayée par nos chers média nationaux.
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