05/12/2007
Réintégrer l'OTAN nous fragiliserait.
Certains prêtent au président de la République l'intention de réintégrer l'OTAN. La France est le deuxième contributeur en forces dans les opérations de l'OTAN, le troisième financier de l'organisation. Elle participe à la force de réaction rapide de l'OTAN et à son groupe de transformation à Norfolk en Virginie. Notre pays est donc extrêmement présent dans l'Alliance. Il s'abstient simplement de participer à la chaîne de commandement permanent et au groupe de planification nucléaire. Le pas pour l'intégration totale est donc techniquement, organiquement, financièrement simple à franchir. Serait ainsi refermée la parenthèse historique ouverte en 1966 par le Général de Gaulle.
Les partisans de la réintégration dans l'OTAN se divisent en trois écoles distinctes. Les atlantistes, tout d'abord, qui pensent qu'il y a un bloc occidental homogène et un seul chef : les Etats-Unis. Militants d'un Occident maître du monde qui illuminerait les peuples de la planète de l'exemplarité de son mode de civilisation. Ce rêve du monde mono-polaire, encouragé par la chute du mur de Berlin, a rencontré en George Bush un de ses avocats les moins nuancés. Poussée à son extrême, cette logique aboutit évidemment au choc des civilisations et à la guerre.
Les cyniques naïfs, ensuite, qui estiment que les dépenses militaires sont inutiles et se réjouissent que d'autres veuillent assurer leur sécurité à leur place : le parapluie nucléaire américain, gage d'économie dans les dépenses de défense. Ce raisonnement proche de la démission, largement répandu dans les pays de l'Europe du Nord, les pays neutres ou sortis du communisme, adopté par les pacifistes de l'ouest européen est fondé sur la croyance aveugle dans le déclenchement automatique de l'article 5 qui verrait l'Amérique entrer en guerre dès qu'un pays de l'Alliance serait menacé. Il fait l'impasse sur une divergence des intérêts américains et européens ou sur le retour cyclique de l'isolationnisme aux Etats-Unis.
Enfin, certains partisans de la construction de l'Europe de la défense, désireux de montrer qu'il n'y a ni incompatibilité ni concurrence avec l'OTAN, souhaitent augmenter le poids du pilier européen dans l'Alliance et utiliser l'éloignement des Etats-Unis vers le Golfe persique pour récupérer cet outil organisationnel et technique performant. L'Europe prendrait ainsi toute sa place au fur et à mesure que les Américains s'en désengageraient : "La sécurité de l'Amérique ne passe plus par Berlin."
Cette façon d'approcher les choses, qui a pu être la mienne, poursuit trois rêves : le rêve de l'unité de l'Europe, celui de sa volonté d'autonomie et celui d'un équilibre équitable face au puissant allié américain.
Aujourd'hui la situation est différente, rendant caducs bien des raisonnements qui ont structuré le débat de la réintégration de la France dans l'OTAN. Tout d'abord, la mondialisation progresse rapidement, bouleversant les échafaudages institutionnels et les rigidités. Chaque crise montre son originalité et la nécessité de réponses adaptées qui ne correspondent jamais aux schémas préétablis.
Au lendemain du 11-Septembre, par exemple, la première réaction américaine a été de refuser poliment l'aide de ses alliés de l'OTAN. Les choses étaient trop sérieuses pour que l'Amérique alourdisse son dispositif opérationnel en Afghanistan par la présence de troupes non-américaines. Pour Bush, l'OTAN devait rester à sa place de simple supplétif. Il fit la faute de laisser, au départ, l'Amérique seule. L'incompréhension de ses alliés, spécialement britanniques, fut totale. L'OTAN dans sa conception traditionnelle d'alliance de défense est sans doute morte ce jour là.
Dans l'esprit du président américain, l'Alliance devait servir à tout autre chose, il lui fallait donc en changer la nature. Tout d'abord, élargissement de la compétence géographique de l'Alliance. En Afghanistan les alliés furent conviés à prêter leur concours à la lutte contre Al Qaïda. Ils ont tous répondu présent, nos forces spéciales allant jusqu'à prêter main forte à leurs homologues américains près de la frontière pakistanaise. Le terrorisme a donc attiré l'Alliance, pour la première intervention de son histoire, bien loin du centre Europe. Les demandes américaines d'impliquer l'OTAN dans d'autres théâtres éloignés se multiplièrent, tentant de mondialiser le périmètre de compétence de l'Alliance.
Le président américain souhaite également élargir au monde occidental la liste des partenaires de l'ancien traité de l'Atlantique Nord. Il s'agirait, officiellement ou non, d'ajouter le Japon, l'Australie, Israël, voire la Corée du Sud aux membres actuels pour former un vaste outil d'influence planétaire de l'Amérique marginalisant les insoumis.
Enfin, le président américain a affiché la volonté de doter l'Alliance de nouvelles compétences civiles pour les périodes post guerre. Cette nouvelle compétence de l'Alliance est présentée comme l'outil de la reconstruction et du redressement économique au lendemain d'une intervention. Les Etats-Unis se réservant la gestion des éléments fondamentaux de l'économie locale, pétrole, communication, industrie, laissant aux autres pays le social, la sécurité, les droits de l'homme, etc.
Le souhait simultané d'une globalisation géographique, d'une multiplication des partenaires et d'un élargissement aux compétences civiles est le signe d'une volonté de mutation de l'OTAN, d'alliance de défense en alliance politique face au monde non encore occidentalisé.
En fait, le danger pour la France résiderait dans la simultanéité des deux signaux : celui d'un fort rapprochement avec Washington, et celui d'une réintégration dans l'OTAN. L'un ou l'autre sont possibles, les deux à la fois seraient dommageables. L'énorme capital de sympathie que la France s'est tissé dans le monde par cinquante ans de politique étrangère serait rapidement dilapidé si notre influence se réduisait à celle d'un nouveau supplétif d'une Amérique qui n'en manque pas. L'évolution du monde offre heureusement à la France d'autres perspectives.
Mitterrand et Chirac, qui avaient une posture très indépendante et une vraie capacité de dialogue avec tous les pays du Sud, pouvaient se permettre un rapprochement avec l'OTAN. Ils l'ont fait, Mitterrand en réintégrant doucement certaines structures militaires, Chirac en cherchant à négocier des postes clé dans l'organisation. Constatons qu'Anglais et Allemands ne se sont pas empressés de céder postes et influences. Tout le monde reproche à la France de ne pas en être, chacun en craint l'arrivée.
La construction de l'Europe de la défense tient aux Européens eux-mêmes. Ceux qui la veulent n'ont pas d'argent, ceux qui ont de l'argent n'en veulent pas. Modifier cet état de chose est le vrai défi, demander une bénédiction américaine est inutile.
Aujourd'hui le président Sarkozy envoie des messages très forts vers Washington, modifiant nettement notre positionnement par rapport à la Russie, la Palestine, l'Iran et bien d'autres. Ces signaux sont perçus par ces peuples et érodent la capacité de médiation de la France. Cela affaiblit le président lui-même dans sa légitime volonté d'influence internationale. D'autres savent mieux que nous jouer le rôle d'allié privilégié de l'Amérique. La France vaut mieux que cela.
Jean-Michel Boucheron est député (PS, Ille-et-Vilaine), rapporteur du budget de la défense à la commission des affaires étrangères.
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03/12/2007
Anticipation?
C'est la vidéo qui circule depuis ce matin.
Bon on a bien rigolé, on s'est bien moqué de cette charmante jeune fille qui a été invitée justement parce qu'elle était charmante et à qui on reproche de ne pas connaître sa géographie alors que de même que les présentateurs télé, elle n'a pas été sélectionnée sur ses connaissances géographiques.
Et si malgré son ignorance, elle avait raison en disant que l'Europe du moins l'Union européenne, était hélas un pays, au détriment de nos nations existantes? Si son ingénuité n'était que le reflet de la propagande unioniste qui a fait croire au reste du monde qu'effectivement l'Europe était un pays?
Incisif
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29/11/2007
La carpette anglaise
Une distinction non désirée
Pastiche de distinction littéraire, le prix de la carpette anglaise est un bon baromètre de l’usage du français par nos élites.
par Pierre FRANCOIS
En cette saison où les prix littéraires tombent comme les feuilles des arbres, l’Académie de la carpette anglaise n’a pas manqué à sa mission de défense du français dans la bonne humeur (relative, depuis le changement de président de la République) en remettant le 21 novembre dernier son prix à des personnalités qui n’en demandaient pas tant à l’issue d’un repas au… buffet de la gare d’Austerlitz.
Rappelons que le prix de la Carpette anglaise est décerné chaque année « à un membre des élites françaises qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française ».
Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants de l’Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf)(1), l’Avenir de la langue française (ALF)(2), du Cercle des écrivains cheminots (CLEC)(3), de Défense de la langue française (DLF)(4) et du Droit de comprendre (DDC)(5). À ces membres traditionnels avait été ajouté pour la première fois un représentant du monde syndical en la personne de Jean-Loup Cuisiniez, délégué CFTC qui œuvre depuis plusieurs années pour le droit de travailler en français en France, notamment sur les programmes informatiques et contre les discriminations linguistiques à l’embauche. Les candidats pour le prix ainsi que le prix spécial à titre étranger ne manquaient pas.
En tête de liste, on trouvait l’hôpital Jean Monnet d’Épinal qui a piloté pendant plusieurs années ses appareils de radiothérapie avec un logiciel en anglais, ce qui a conduit à l’irradiation excessive de centaines de personne, dont cinq sont mortes et dix neuf graveemnt handicapées. Suivait le couple formé par Valérie Pécresse (ministre de l’enseigneemnt supérieur) et Jean-Pierre Jouyet pour avoir fait la promotion du protocole de Londres dans un article publié en septembre 2007.
Pour le même motif, Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la Francophonie faisait aussi un candidat paradoxal mais possible.
Deux autres ministres figuraient dans cette liste : Xavier Darcos (Éducation nationale) pour avoir promu le bilinguisme au lieu du plurilinguisme et Christine Lagarde (Économie et Finances) pour correspondre avec ses services en anglais.
En queue de liste, on trouvait de façon assez surprenante la société Peugeot, qui avait lancé une campagne de communication intitulée « Blue Lion ». À titre étranger, il n’y avait que trois candidats. En tête de liste, on trouvait Christine Albanel (ministre de la Culture et de la Communication) pour avoir lancé une « réflexion » sur les synergies possibles entre TV5 Monde, France 24 et RFI sans y associer nos partenaires suisses, canadiens et belges sans lesquels TV5 Monde ne serait pas ce qu’elle est.
Suivaient Jacques Barrot, vice président de la commission européenne qui a favorisé une directive imposant aux pilotes français de parler anglais en France et entre français et la police de Genève pour avoir diffusé une publicité intitulée « United Police of Geneva ».
C’est au second tour de scrutin que le prix a été décerné à Christine Lagarde par huit voix contre quatre à Jean-Marie Bockel. Et en ce qui concerne le prix spécial à titre étranger, le jury a voulu marquer sa solidarité avec les Suisses romands : c’est donc la police de Genève qui a reçu le prix « d’indignité civique » à ce titre.
Si les années précédentes on notait une certaine bonhomie au moment de la remise du prix, cette années les fronts étaient plus plissés. Il n’est pas incongru de rapprocher ce fait du nombre de candidats membres du gouvernement…
(1) www.asselaf.org, asselaf.neuf.fr
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02/11/2007
«Le nouveau traité est inacceptable pour quelqu'un de gauche»
Jean-Luc Mélenchon, qui avait appelé à voter "non" en 2005, est un des rares socialistes à se prononcer vigoureusement contre le mini-traité de Lisbonne.
Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne et représentant de l'aile gauche du PS, est l'un des rares socialistes à se prononcer vigoureusement pour un refus, par son parti, du traité de Lisbonne.
Pourquoi vous opposez vous à ce nouveau traité?
-Le contenu du texte est exactement le même que le précédent, à l'exception des dispositions qui choquaient les nationalistes, comme le drapeau ou l'hymne, qui ont été retirées. De plus, il comporte deux points essentiels et inacceptables pour quelqu'un de gauche: l'harmonisation fiscale et sociale est interdite par le nouveau texte. Toute stratégie de construction de l'Europe sociale est définitivement mise en pièce. C'est pourquoi il faut le repousser.
Les partisans du non, au sein du PS, ne semblent pas en position de force...
-Leur position n'est pas définitivement arrêtée. J'ai bon espoir qu'ils se rendront compte de l'indignation que provoque, devant l'opinion de gauche, cette volte-face.
Le débat sur le recours au référendum, qui n'aura à l'arrivée pas lieu, n'est-il pas une fausse question?
-La méthode est essentielle. On n'a de cesse de déplorer que l'Europe ne se construit pas avec les peuples. C'est pourquoi la question du recours au référendum est si importante. Tous les candidats de gauche s'étaient engagés sur l'idée qu'il fallait en passer par un référendum. Or le président Sarkozy ne dispose pas de la majorité des trois cinquièmes des voix au Congrès pour obtenir une réforme de la Constitution par voie parlementaire. Il suffit donc de bloquer la révision de la Constitution française, qui est nécessaire avant l'adoption du nouveau traité. Le PS doit se mobiliser pour tenir ses promesses.
Considérez-vous que les socialistes ne les tiennent pas?
-La candidate Ségolène Royal s'était engagée personnellement sur ce point du référendum. Aujourd'hui, il est temps de commencer la rénovation en tenant parole plutôt qu'en s'abandonnant à des petits jeux tactiques. La question du traité n'est pas une question qu'on règle comme une difficulté interne au parti, par le rapport de forces entre courant et sous-courants. Je déplorerai qu'on termine par une abstention de circonstance sans qu'on connaisse véritablement la position du PS sur le contenu du texte. On a l'impression que nous cherchons à nous débarasser d'un problème plutôt que d'affronter une grande question devant l'opinion.
Le traité peut-il faire ressurgir, au sein du parti socialiste, les divisions du référendum?
-C'est possible. Mais ce n'est pas le remords ou la vengeance qui doit nous guider, mais la raison. Et celle-ci doit nous conduire à nous demander sérieusement pourquoi les Français ont voté non. Ceux qui prennent le risque de la division sont ceux qui s'entêtent. Ceux qui, à peine l'encre de la signature posée sur le texte, ont immédiatement affirmé qu'ils étaient d'accord, sans même l'avoir lu.
Recueilli par David Revault d'Allonnes
LIBERATION.FR : jeudi 25 octobre 2007
Même si nous partageons l'idée de monsieur Mélenchon, Incisif considère qu'il n'est pas nécessaire d'être de gauche pour être contre ce traité. Il suffit d'être un patriote sincère.
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01/11/2007
Tuerie à Grenoble
Au sujet de la tuerie d'hier survenue à Grenoble, un pet it rappel au sujet de la tuerie précédente s'avère nécessaire.
Le milieu maghrébin local est entré dans un cycle de vendetta à la façon des Italo-Grenoblois des années 1980. La PJ redoute l'escalade.
LE « TUYAU » vient tout juste de remonter via un indicateur : un proche de l'une des victimes du règlement de comptes qui a fait trois morts, le 24 février dernier, à Sassenage (Isère), dans la banlieue grenobloise, recrute actuellement pour laver l'honneur de son clan. Depuis quelques semaines, une folie meurtrière s'est emparée du milieu local de la drogue, avec déjà quatre morts et deux blessés graves. Les familles des trafiquants se murent dans le silence, craignant pour leurs enfants, les frères ruminent leur vengeance.
Et la PJ chargée de l'enquête s'attend à un nouveau bain de sang. Les voyous qui s'écharpent n'ont apparemment aucun lien avec la pègre italo-grenobloise des origines qui se disputait le contrôle de la prostitution et des jeux, recyclant le fruit de ses rackets dans des pizzerias et des bars du centre-ville. Ceux qui se battent aujourd'hui ne fréquentent pas, comme leurs grands aînés, la tribune officielle des stades. Ils n'épousent pas leurs avocates, n'investissent pas dans l'immobilier. « Âgés de 20 ans pour la plupart, ils n'obéissent à aucune hiérarchie, aucun code, et ne connaissent aucune limite », s'in quiète un officier des stups. Il s'agit de petits caïds des cités grenobloises : celles des communes de Fontaine notamment et de La Villeneuve, bâties à la hâte à la grande époque des Jeux olympiques d'hiver de 1968.
Ces jeunes, d'origine maghrébine principalement, sont soupçonnés d'animer le marché local du cannabis. Armés parfois de fusils d'assaut pour mener leurs raids, ils circulent ces temps-ci en ville protégés de gilet pare-balles, la peur au ventre, mais déterminés. L'un d'eux avait commencé sa carrière de tueur présumé à 19 ans.
Faux policiers et kalachnikovs
« La guerre peut durer aussi longtemps qu'il y aura des combattants », pronostique Daniel Chomette, le secrétaire départemental de l'Unsa-police (syndicat majoritaire). Ils seraient, selon ses collègues, au moins une dizaine capables d'appuyer sur la détente. « Un camp peut aussi demander aux beaux mecs de Corse ou de la Côte d'Azur d'intervenir, à moins que les parrains du Sud-Est ne s'autosaississent », lâche le major Chomette. En mai 2004 puis à l'été 2006, d'étranges visiteurs à l'accent corse armés de 11,43 avaient déjà fait parler la poudre à Grenoble. Étaient-ils venus asseoir leur in fluence sur le milieu local ou exécuter un contrat pour son compte ?
La police qualifie, en tout cas, le triple assassinat du 24 février à Sassenage de « travail de pro ». Ce jour-là, en réplique à une fusillade à la kalachnikov treize jours plus tôt à Fontaine, les tueurs n'ont pas hésité à se faire passer pour des policiers.
À bord d'une Citroën Xsara grise, un gyrophare sur le toit, ils ont d'abord percuté la R 21 de leurs victimes avant de les abattre un à un à la chevrotine. Les traces du choc sont encore visibles sur le poteau d'entrée du garage où la Renault s'est encastrée. Autour, quelques bouquets de roses laissés par les familles endeuillées. Medhi M'Ssalaoui, 22 ans, la cible principale de cette expédition, venait de sortir de prison, « blanchi » pour le meurtre d'un dealer commis en 2003. L'affaire serait le point de départ de cette guerre. « Ces gosses pourtant, on les a eus comme élèves il y a quelques années et ils n'étaient pas si terribles », se souvient-on au collège de Fontaine où M'Ssalaoui et ses frères étaient scolarisés. « Le problème, c'est la drogue », assurent les enseignants.
Dans ces quartiers en crise, le marché des stups suscite d'énormes appétits. Selon le sociologue grenoblois Sébastien Roché, « la consommation de cannabis a augmenté de 30 % en deux ans ». Il en faut aujourd'hui près de 10 tonnes par an pour alimenter la région, avec ses 300 000 habitants et ses 60 000 étudiants du campus universitaire. « Pour les trafiquants, le gâteau à se partager est de 40 000 euros par jour ! », constate, effaré, un commandant de police. Les saisies de cocaïne augmentent également. Parallèlement, le crime pur et dur progresse en Isère : vols avec armes à feux (+ 38 %) en 2006, menaces et chantages (+ 17 %), ports d'armes à feu prohibées (+ 50 %), séquestrations (+ 137 %).
« Tout cela peut paraître éloigné des frasques de la pègre d'antan, mais qui sait si la culture de vendetta des Italo-Grenoblois n'a pas influencé certains jeunes issus d'une autre immigration ? », se demande un commissaire de police. Depuis 1975, à Grenoble, 45 personnes ont trépassé dans la guerre du milieu, 13 ont été la cible de tentatives de meurtre et 6 ont disparu, « probablement dissoutes dans l'acide ou lestées au fond d'un lac », suppose un homme de la PJ. Aucune autre ville de province, en dehors de Marseille et de sa région, n'a connu une telle violence. Et la police s'active pour empêcher un nouveau carnage.
Cet article a été publié dans le Figaro mais je n'en ai plus la référence.
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